Promenade Saint-Julien (Caen)

France / Basse-Normandie / Caen
 parc, jardin, Rue, Monument classé

Parties protégées Sol et plantations des promenades de chaque côté du boulevard Saint-Julien Protection SC, 22/10/1942 Localisation Boulevard des Fossés Saint-Julien Propriétaire Mairie de Caen
Villes proches:
Coordonnées :   49°11'6"N   -0°22'5"E

Commentaires

  • La paroisse Saint-Julien existait avant que la ville ne prit son essor sous Guillaume le Conquérant et portait le nom de Calibourg ; quand la ville fut fortifiée, la paroisse fut partagée en deux ; la majeure partie se retrouva à l’extérieur et forma le Faubourg Saint-Julien relié à la cité par la Porte Saint-Julien ou Porte Vilaine. Entre ce faubourg et le quartier Saint-Martin, appartenant à Bourg-l’Abbé, la campagne venait jusqu’au pied des remparts protégés par des fossés. Quand on construisit l’église Notre-Dame-de-la-Gloriette sur le Pré des Ebats, le jeu du papegay fut transféré sur chemin qui longeait les Champs de Saint-Michel jusqu’à l'abbaye d'Ardenne, puis dans les fossés de la ville entre les portes de Bayeux et de Saint-Julien ; on appelait ce lieu le Mail. Au 18e, la ville de Caen entra dans un important processus de modernisation et d’embellissement. Vers 1750-1760, la Porte de Bayeux fut démolie pour créer la place Saint-Martin et, en 1786, on combla les Fossés Saint-Julien pour les aménager en promenade . En 1798, Victor-Dufour planta les premiers tilleuls et Bénard, jardinier à Vaucelles, ainsi que les “hoquetons” de la ville achevèrent son œuvre en 1803 ; les arbres furent élagués pour la première fois en 1811. Le tracé de ces allées ne suit pas totalement l’enceinte ; à l’est du Couvent des Cordeliers ou des Bénédictines , celle-ci bifurquait en effet vers le sud pour rejoindre le château. A partir de 1838, les exécutions capitales par guillotine se firent sur la place. En 1845, le marché aux chevaux fut transféré de la Place d’Armes aux Fossés Saint-Julien ; on aménagea donc des parcs à chevaux sur la promenade. À de la fin du 19e, la bourgeoisie commença à quitter la vieille ville connue pour son insalubrité et nombre de notables se firent construire des villas dans des quartiers périphériques ; l’ouverture de la ligne ferroviaire de Caen à la Mer en 1875 et la construction de la gare Saint-Martin en 1884 accéléra ce phénomène. L’urbanisation suivit deux axes à partir des Fossés Saint-Julien et de la place Saint-Martin : l’avenue de Bagatelle vers le Jardin des Plantes et l’avenue de Courseulles (actuelle avenue du Canada) vers la gare. Mais entre ces deux avenues, le front bâti restait interrompu. En 1906, une butte de terre qui séparait la place Saint-Martin de la promenade fut arasée et un mur de soutènement fut construit au nord des fossés pour contenir le front abrupt du coteau ; l’effort public dans le secteur, bien qu’important, ne suscita qu’un timide renouveau de l’urbanisation et les Fossés Saint-Julien ne devinrent pas une grande esplanade bourgeoise comme il en existe dans de nombreuses autres villes. En 1906, l’architecte Henri Duguernel se fit construire au n°20 une maison prévue probablement pour son propre usage ; elle est l’un des rares et timides exemples d’essai d’Art Nouveau à Caen. Au sud, le lycée de jeune fille (Lycée Pasteur aujourd’hui) fut construit à la place du Couvent des Ursulines en 1910. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, on creusa des abris anti-aériens sur la promenade ; certaines personnes s’y étant réfugiées pendant le Débarquement furent enterrées vivantes. Le 7 juillet 1944, le Faubourg Saint-Julien fut ravagé par les bombardements. L’église Saint-Julien et le Couvent des Bénédictines notamment furent totalement détruits. En 1945, on installa des baraquements sur les deux côtés des fossés pour loger différents commerces et bureaux. A la place du Couvent des Bénédictines, les Sœurs de la Miséricorde, autrefois installées au sud du quartier Saint-Jean, construisirent une clinique dont l’entrée se fait par le n° 15 des Fossés. L’église Saint-Julien fut laissée à l’état de ruine ; seul un vestige du porche d’entrée nous rappelle son existence. La rue Saint-Julien, autrefois petite voie partant de l’église vers la rue de Geôle, fut remplacée par un grande carrefour routier, prolongeant ainsi visuellement les Fossés Saint-Julien vers la rue de Geôle dont les anciens bâtiments ont subsisté à ce niveau. Le long des Fossés Saint-Julien, une dizaine de tilleuls a été remplacée en 1998 et une deuxième tranche de remplacement d'une dizaine de tilleuls a été effectuée début 2004. Aujourd’hui la Promenade Saint-Julien est malheureusement perçu comme un simple parking ombragé. On peut pourtant y admirer une très belle perspective sur les flèches de l’église Saint-Etienne. Un projet de parking souterrain sous la promenade est à l’étude ; espérons que les édiles en profiteront pour engager une réflexion sur le devenir de l’ensemble de cet espace public.
Cet article a été modifié il y a 13 ans